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La masculinité toxique : mythe ou réalité ?

La société actuelle accuse certains hommes d’être toxiques.

Mais que signifie exactement cette accusation ? D’être eux-mêmes ? D’être violents ? D’être trop virils ? Trop dragueurs ?

La question sous-jacente est simple : la masculinité pose-t-elle problème en soi, ou seulement certains comportements individuels ?

Au cœur de ce débat, il y a beaucoup de choses à remettre en question et même cette notion même ! Loin du mimétisme des sites ayant la première position sur Google, nous allons tenter de disséquer cette idée pour proposer un approche différente.

Pour répondre à la fameuse question « qu’est-ce que la masculinité toxique », nous procéderons en trois temps :

  1. Définition précise du terme
  2. Examen de ses éventuels aspects toxiques
  3. Suggestions de réponses concrètes, si besoin est.

Les définitions de la masculinité toxique sur le web

Pour pouvoir parler de masculinité toxique, il faudrait pouvoir la définir. Les diverses définitions de la masculinité toxique présentes sur le web soulèvent des nuances et des perspectives variées. En consultant différentes sources, on constate des approches distinctes du concept.

  • Association canadienne pour la santé mentale :

« La masculinité toxique n’implique pas que les hommes soient toxiques ni que la masculinité en soi est toxique […] Cette masculinité serait toxique, car elle offre une image étroite de ce que c’est être un homme et s’insère dans une culture qui survalorise l’autonomie chez les garçons, normalise l’agression et l’intimidation et exige aux hommes de prouver leur masculinité en tout temps. »

  • Femme actuelle :

« La masculinité toxique repose sur un concept selon lequel l’homme doit être viril et dominant. »

  • Wikipédia (excuser la source) :

« La masculinité toxique est un concept utilisé en psychologie et dans les études sur le genre en référence à certaines normes du comportement masculin qui ont un impact négatif sur la société et sur les hommes eux-mêmes. »

La principale limite de ces définitions ?

Leur absence de structure commune et de consensus. On ne peut pas saisir un concept si ses contours restent flous.

Or, ce qui n’est pas précisément défini et ancré dans le réel perd toute légitimité. D’où cette interrogation : d’où vient cette idée de toxicité ? La masculinité pose-t-elle problème en elle-même, ou seuls certains comportements le sont-ils ?

Pour avancer, examinons d’abord ce qu’englobe réellement le genre masculin…

Être un homme, un genre remit en question

Pour aborder la masculinité, il faut d’abord définir le genre. Là encore, le débat est vif : Pour certains, être un homme résulte exclusivement d’une construction sociale. Il n’existerait aucune différence intrinsèque entre les sexes ; tout relèverait des normes inculquées par la famille, l’école et les interactions sociales.

Pour dépasser la seule théorie du genre, examinons des données tangibles qui mettent en évidence des différences fondamentales entre hommes et femmes.

Données et études à grande échelle sur le genre

Les études à grande échelle offrent un éclairage très différent. Prenons l’exemple de l’étude dite du « paradoxe de l’égalité des genres » ou STEM et celui des pays scandinaves.

Cette étude « STEM » a révélé un « paradoxe de l’égalité des genres » selon lequel les pays avec un niveau élevé d’égalité des genres comptent moins de diplômées en STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques). Des pays comme l’Albanie et l’Algérie présentent une proportion plus élevée de femmes parmi leurs diplômées en STEM par rapport à des nations égalitaires comme la Finlande, la Norvège et la Suède.

Pour les pays scandinaves, ils ont essayé de gommer les différences entre les hommes et les femmes avec des résultats peu probants…

Le paradoxe de l’égalité des genres s’appuie sur des données de 67 pays et plus de 80 000 personnes.

Pour comprendre les ressorts de ce paradoxe, l’étude analyse un ensemble de préférences et de traits comportementaux différenciés selon le sexe :

  • Altruisme et réciprocité : orientation vers des métiers « centrés sur l’humain » versus « centrés sur les objets ».
  • Appétence pour le risque : propension à privilégier des carrières perçues comme plus risquées ou techniques.
  • Patience : capacité à investir sur le long terme dans des parcours exigeants.

Voici quelques points à retenir ces études :

  1. Plus on multiplie les opportunités offertes aux femmes dans les pays nordiques, plus elles s’orientent vers des professions différentes de celles occupées majoritairement par les hommes, plutôt que de rejoindre massivement les filières scientifiques.

Le nombre de femmes ingénieures y reste inférieur à celui observé dans certains pays où l’égalité formelle est moins affirmée, comme le Qatar. Ce constat remet en cause l’idée selon laquelle les écarts de genre en STEM seraient principalement dus à des barrières sociales ou institutionnelles.

Dans ces mêmes pays, où l’accès des femmes aux carrières a été considérablement élargi, les trajectoires professionnelles demeurent très diversifiées, confirmant qu’une offre accrue n’entraîne pas une uniformisation des choix.

Ces résultats suggèrent que d’autres déterminants, tels que les préférences individuelles, jouent un rôle essentiel dans la détermination des parcours professionnels.

  1. L’idée selon laquelle « l’oppression exercée par les hommes » constituerait le principal frein à l’épanouissement des femmes dans certains secteurs apparaît trop réductrice ; il s’agissait plutôt d’une question de préférence (les femmes préfèrent en moyenne les emplois liés aux personnes plutôt qu’aux choses).

Cette observation met en lumière le fait que le choix professionnel des femmes ne doit pas être simplifié à une question d’oppression masculine. Les préférences individuelles, qui peuvent être influencées par des facteurs biologiques et sociaux complexes, jouent un rôle important.

Ainsi, les écarts constatés dans les parcours de carrière peuvent découler de préférences inhérentes aux individus plutôt que de restrictions externes.

  1. Que le genre et les stéréotypes de genre ne sont PAS purement une construction sociale mais dépendent d’autres facteurs (il y a de l’acquis et l’anthropologie).

Cette constatation remet en question la notion selon laquelle le genre et les stéréotypes de genre sont uniquement déterminés par des facteurs sociaux et éducatifs. En intégrant des éléments de l’acquis et de l’anthropologie, elle suggère que des influences biologiques et culturelles plus larges façonnent également la compréhension du genre.

Ainsi, si le genre était une construction, elle serait complexe et multidimensionnelle, impliquant des aspects innés et acquis.

Le genre ne se limite donc pas à un simple choix…

À la lecture de ces données, il apparaît que « être un homme » ne se résume ni à une préférence consciente ni à une construction sociale modulable à volonté. Cette identité, façonnée par des dimensions innées et acquises, ne se transforme pas aussi radicalement qu’on pourrait le croire.

Pour revenir au terme « masculinité toxique », il suscite lui-même des interrogations, car il semble définir une partie de la masculinité comme toxique, plutôt que de cibler une minorité spécifique d’hommes. Cette nuance souligne la nécessité d’une réflexion approfondie sur la manière dont la toxicité est attribuée, perçue au sein de la masculinité.

Cela permettrait de ne pas imputer la responsabilité de ce problème à l’ensemble des hommes à cause d’une minorité d’asocial et nihiliste d’hommes.

Qu’est ce qui toxique chez certains hommes ?

Examinons d’abord quelques exemples concrets au sein de la société.

La toxicité dans l’espace public

  • Incivilités de rue : dragues lourdes, insultes… Bien que perpétrées par des hommes, ne doivent pas être imputées à l’ensemble de notre genre.

Les individus qui adoptent de tels comportements sont des êtres asociaux et n’ont pas leur place dans notre société. Il faut condamner fermement ces actions.

  • Sexisme au travail : propos dégradants, harcèlement…Elles sont à la fois la responsabilité de personne imbu de leur poste et de leur responsabilité mais aussi de l’omerta des uns et des autres à ne pas dénoncer ces pratiques.

Des lois existent pour faire condamner ces agissements. Il également question de ne pas se taire et de faire respecter la loi.

La personnalité des hommes, source de « toxicité » ?

Mais alors est-ce que la personnalité des hommes serait donc toxique ? Il faudrait d’abord qu’elle soit unique à son genre et non aux femmes. Comment définir une personnalité « masculine » ?

Les études (Big Five) révèlent que les différences entre les personnalités masculines et féminines sont réelles. Ces fameux Big Five sont 5 traits psychologiques déterminant la personnalité d’une personne, ils sont les suivants :

  1. Ouverture : appréciation de l’art, des émotions, de l’aventure, des idées novatrices, curiosité et imagination.
  2. Conscienciosité  : autodiscipline, respect des engagements, préférence pour l’organisation plutôt que la spontanéité ; axé sur la réalisation d’objectifs.
  3. Extraversion : énergie, émotions positives, propension à rechercher la stimulation et la compagnie des autres.
  4. Agréabilité (amabilité) : tendance à la compassion et à la coopération plutôt qu’à la suspicion et à l’antagonisme envers autrui.
  5. Neuroticisme ou névrosisme : opposé à la stabilité émotionnelle, il se caractérise par une propension à ressentir facilement des émotions désagréables telles que la colère, l’inquiétude ou la dépression, ainsi qu’une vulnérabilité émotionnelle.

Bien que des hommes puissent avoir une personnalité considérée comme féminine et vice versa, cela reste moins courant. Nous pouvons néanmoins affirmer que certains traits de personnalités sont plus présents chez les femmes et inversement chez les hommes. Ils restent différents en fonction du genre mais ne sont pas impossible chez l’autre sexe. 

Mais finalement, ce terme de masculinité toxique serait faux ?

En y regardant de plus près, il ne s’agit pas de remettre en cause tous les hommes, mais bien de pointer une minorité d’individus asociaux dont les comportements posent problème. Accuser frontalement la masculinité dans son ensemble, sans apporter d’arguments tangibles, relève de l’amalgame et de l’approximation.

Pire, cette généralisation risque de pousser les jeunes à renier leur identité masculine sous prétexte qu’elle serait intrinsèquement néfaste, alors qu’il ne s’agit que d’une poignée de personnes.

Soyons clairs : la masculinité, dans son acception première, n’est pas toxique et ne le sera jamais.

Soyons clairs : la masculinité, dans son acception première, n’est pas toxique et ne le sera jamais.

Demander à Soyons clairs : la masculinité, dans son acception première, n’est pas toxique et ne le sera jamais.

Soyons clairs : la masculinité, dans son acception première, n’est pas toxique et ne le sera jamais.

Arrêtons de remettre en cause la masculinité pour mieux combattre l’imbécilité

N’en déplaise aux détracteurs du genre masculin, la « masculinité toxique » n’a rien à voir avec la masculinité au sens propre. Alors que nos identités sont de plus en plus remises en question, nos sociétés ont plus que jamais besoin d’hommes engagés.

L’honnêteté, la compétitivité, l’autonomie et la responsabilité sont des valeurs fondamentales à promouvoir.

De nombreux hommes exemplaires les incarnent chaque jour, mais leurs actes courageux restent trop souvent ignorés par les médias et la classe politique.

Parmi eux :

  • Arnaud Beltrame, lieutenant-colonel, a donné sa vie le 23 mars 2018 à Trèbes en échange de celle d’otages.
  • Mamoud Diallo, sans-papier en janvier 2019, a désarmé un collègue armé pour protéger une collaboratrice.

Les exemples sont nombreux et variés, pourtant leurs actes de braves ne seront pas soutenus par les détracteurs du masculin en disant que ce sont d’abord les hommes qui sont responsables de cette violence.

Nous avons toujours eu besoin d’hommes courageux ; aujourd’hui encore, leur engagement reste indispensable.

Quelles seraient les solutions à cette « toxicité » ?

La réponse à la « toxicité masculine » (même si le terme reste non défini) réside depuis longtemps dans la promotion de la masculinité responsable. Mais qu’entendons nous par-là ?

Deux principes fondamentaux émergent : l’honnêteté et la responsabilité.

Responsabilité masculine

Prendre d’abord en charge sa propre personne : assumer ses actions, honorer ses engagements, accomplir son travail et participer équitablement aux tâches quotidiennes.

Étendre ce sens des responsabilités à la famille, puis, si possible, à la communauté : être présent, protecteur et fiable pour ses proches.

Honnêteté masculine

Être sincère envers soi-même : reconnaître ses limites et ses erreurs, éviter de travestir ses intentions.

Être transparent envers les autres : choisir ses mots avec soin, ne pas céder aux discours manipulateurs ou mensongers.

Sur le plan législatif et social

Faire appliquer sans exception les lois contre les agressions de rue : aucune tolérance face aux hommes qui harcèlent ou agressent les femmes, et intervention systématique des pouvoirs publics.

Il est inacceptable qu’une femme doive adapter sa tenue ou ses déplacements par peur : l’espace urbain doit être sûr et accessible à tous, sans contrainte vestimentaire.

Soyons des hommes… mais surtout des hommes responsables !

Je pense que beaucoup d’homme se posent la question de leur place dans la vie de tous les jours.

J’en suis l’un d’entre eux. Je refuse que mon genre soit stigmatisé pour les actes d’une poignée d’individus.

Je choisis néanmoins d’être un homme responsable et honnête, c’est le seul chemin vers l’épanouissement et le développement d’une société saine.

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