La masculinité toxique : mythe ou réalité ?

La fameuse masculinité toxique, cette notion accusant les hommes d’être… Mais d’être quoi au juste ? Eux-mêmes ? Violents ? Dragueurs ? Qu’est ce qui pose problème au genre masculin ? Est-ce le genre en lui même ?

Au cœur de ce débat, il y a beaucoup de choses à remettre en question et même cette notion même ! Loin du mimétisme des sites ayant la première position sur Google, nous allons tenter de disséquer cette idée pour proposer un approche différente.

Pour répondre à la fameuse question « qu’est-ce que la masculinité toxique », nous allons définir le sujet, puis nous examinerons par la suite s’il existe des aspects toxiques au sein de la masculinité, avant de proposer des solutions, le cas échéant, pour contrer ce sujet.

Les définitions de la masculinité toxique sur le web

Pour pouvoir parler de masculinité toxique, il faudrait pouvoir la définir. Les diverses définitions de la masculinité toxique présentes sur le web soulèvent des nuances et des perspectives variées. En consultant différentes sources, on constate des approches distinctes du concept.

  • Association canadienne pour la santé mentale :

« La masculinité toxique n’implique pas que les hommes soient toxiques ni que la masculinité en soi est toxique […] Cette masculinité serait toxique, car elle offre une image étroite de ce que c’est être un homme et s’insère dans une culture qui survalorise l’autonomie chez les garçons, normalise l’agression et l’intimidation et exige aux hommes de prouver leur masculinité en tout temps. »

  • Femme actuelle :

« La masculinité toxique repose sur un concept selon lequel l’homme doit être viril et dominant. »

  • Wikipédia (excuser la source) :

« La masculinité toxique est un concept utilisé en psychologie et dans les études sur le genre en référence à certaines normes du comportement masculin qui ont un impact négatif sur la société et sur les hommes eux-mêmes. »

La principale problématique réside dans le caractère non universel et non structuré de la définition de la masculinité toxique. En d’autres termes, il est difficile d’établir une définition précise et consensuelle.

Ce qui ne peut pas clairement être défini, ce qui n’est ancré dans le réel, n’existe simplement pas. Mais alors cette idée de toxicité d’où tient elle ces racines ? Posons nous la question suivante : est-ce que la masculinité pose un problème en elle-même, et que tous les hommes sont concernés par ce problème ? Voyons donc ce qu’est le genre masculin…

Être un homme, un genre remit en question

Pour parler de masculinité, nous devons parler du genre. Là encore, il y a débat… Pour certains, être un homme serait la résultante unique d’une construction sociale. C’est-à-dire qu’il n’y aucune différence entre les hommes et les femmes mise à part la construction sociale des individus (dépendante donc de ce qui compose le rôle social au sein d’une société : les parents, l’école, les interactions sociales…).

Pour apporter un éclairage sur la masculinité, voyons donc au delà de la théorie du genre en regardant des données tangibles sur la différence fondamentale entre les hommes et les femmes.

Les données et études sur le genre à grande échelle

Les données scientifiques montrent une conclusion bien différente à cette théorie du genre. Pour illustrer et démontrer cela, prenons donc deux exemples, l’étude STEM et l’exemple des pays scandinaves.

Cette étude « STEM » a révélé un « paradoxe de l’égalité des genres » selon lequel les pays avec un niveau élevé d’égalité des genres comptent moins de diplômées en STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques). Des pays comme l’Albanie et l’Algérie présentent une proportion plus élevée de femmes parmi leurs diplômées en STEM par rapport à des nations égalitaires comme la Finlande, la Norvège et la Suède.

Pour les pays scandinaves, ils ont essayé de gommer les différences entre les hommes et les femmes avec des résultats peu probants…

Le paradoxe de l’égalité des genres s’appuie sur des données de 67 pays et plus de 80 000 personnes pour découvrir ce qui pourrait influencer les différences de préférences liées au sexe, telles que la volonté de prendre des risques, la patience, l’altruisme, la réciprocité positive et négative.

Voici quelques points à retenir ces études :

  1. Plus on augmente les opportunités pour les femmes dans les pays du Nord, plus elles choisissent de faire des métiers différents de ceux des hommes.

Il y a eu moins de femmes ingénieurs dans ces pays que par exemple au Qatar. Cette constatation remet en question l’idée que les disparités entre les genres sont principalement dues à des obstacles sociaux.

Dans ces pays, où les opportunités pour les femmes ont été considérablement élargies, les choix professionnels demeurent diversifiés.

Cela suggère que d’autres facteurs, tels que les préférences individuelles, jouent un rôle essentiel dans la détermination des parcours professionnels.

  1. « L’oppression exercée par les hommes » n’était peut-être pas le seul frein à l’épanouissement des femmes dans certains domaines, il s’agissait plutôt d’une question de préférence (les femmes préfèrent en moyenne les emplois liés aux personnes plutôt qu’aux choses).

Cette observation met en lumière le fait que le choix professionnel des femmes ne doit pas être simplifié à une question d’oppression masculine. Les préférences individuelles, qui peuvent être influencées par des facteurs biologiques et sociaux complexes, jouent un rôle important.

Ainsi, les différences dans les choix de carrière peuvent être le résultat de préférences inhérentes plutôt que de restrictions externes.

  1. Que le genre et les stéréotypes de genre ne sont PAS purement une construction sociale mais dépendent d’autres facteurs (il y a de l’acquis et l’anthropologie).

Cette constatation remet en question la notion selon laquelle le genre et les stéréotypes de genre sont uniquement déterminés par des facteurs sociaux et éducatifs. En intégrant des éléments de l’acquis et de l’anthropologie, elle suggère que des influences biologiques et culturelles plus larges façonnent également la compréhension du genre.

Ainsi, si le genre était une construction, elle serait complexe et multidimensionnelle, impliquant des aspects innés et acquis.

Le genre serait donc plus complexe qu’un simple choix…

Nous observons à travers ces données qu’être un homme est difficilement qualifiable d’un choix. Ce n’est pas non plus une construction qui peut être changé aussi facilement que radicalement.

Pour revenir au terme « masculinité toxique », il suscite lui-même des interrogations, car il semble définir une partie de la masculinité comme toxique, plutôt que de cibler une minorité spécifique d’hommes. Cette nuance souligne la nécessité d’une réflexion approfondie sur la manière dont la toxicité est attribuée, perçue au sein de la masculinité.

Cela permettrait de ne pas imputer la responsabilité de ce problème à l’ensemble des hommes à cause d’une minorité d’asocial et nihiliste d’hommes.

Qu’est ce qui toxique chez certains hommes ?

Examinons d’abord des exemples au sein de la société.

La toxicité en société

Les incivilités dans les rues (dragues lourdes, insultes…), bien que perpétrées par des hommes, ne doivent pas être imputées à l’ensemble de notre genre. Les individus qui adoptent de tels comportements sont des êtres asociaux et n’ont pas leur place dans notre société. Il faut condamner fermement ces actions.

Les propos ou les aptitudes sexistes au travail. Elles sont à la fois la responsabilité de personne imbu de leur poste et de leur responsabilité mais aussi de l’omerta des uns et des autres à ne pas dénoncer ces pratiques. Des lois existent pour faire condamner ces agissements. Il également question de ne pas se taire et de faire respecter la loi.

La personnalité des hommes, source de toxicité ?

Mais alors est-ce que la personnalité des hommes serait donc toxique ? Il faudrait d’abord qu’elle soit unique à son genre et non aux femmes. Comment définir une personnalité « masculine » ?

Les études (Big Five) révèlent que les différences entre les personnalités masculines et féminines sont réelles. Ces fameux Big Five sont 5 traits psychologiques déterminant la personnalité d’une personne, ils sont les suivants :

  1. Ouverture : appréciation de l’art, des émotions, de l’aventure, des idées novatrices, curiosité et imagination.
  2. Conscienciosité  : autodiscipline, respect des engagements, préférence pour l’organisation plutôt que la spontanéité ; axé sur la réalisation d’objectifs.
  3. Extraversion : énergie, émotions positives, propension à rechercher la stimulation et la compagnie des autres.
  4. Agréabilité (amabilité) : tendance à la compassion et à la coopération plutôt qu’à la suspicion et à l’antagonisme envers autrui.
  5. Neuroticisme ou névrosisme : opposé à la stabilité émotionnelle, il se caractérise par une propension à ressentir facilement des émotions désagréables telles que la colère, l’inquiétude ou la dépression, ainsi qu’une vulnérabilité émotionnelle.

Bien que des hommes puissent avoir une personnalité considérée comme féminine et vice versa, cela reste moins courant. Nous pouvons néanmoins affirmer que certains traits de personnalités sont plus présents chez les femmes et inversement chez les hommes. Ils restent différents en fonction du genre mais ne sont pas impossible chez l’autre sexe.

Mais finalement, ce terme de masculinité toxique serait faux ?

À y regarder de plus prêt, il n’est pas question de remettre en cause les hommes mais bien un minorité d’hommes asociaux. Attaquer frontalement les hommes en affirmant sans aucun argument tangible que leur masculinité est la source d’une quelconque toxicité est un nonsense.

En plus, de créer un amalgame, les jeunes peuvent refuser leur identité sous prétexte qu’elle poserait problème, or c’est bien certaines personnes et non l’entièreté des hommes qui soulèvent ces questions.

Soyons clair la masculinité au sens propre n’est pas toxique et ne le sera jamais.

Arrêtons de remettre en cause la masculinité mais attaquons l’imbécilité

N’en déplaise aux nombreux détracteurs du genre masculin, la « masculinité toxique » n’a rien voir avec la masculinité au sens propre. Avec la remise en cause profonde de nos identités, nous n’avons jamais eu autant besoin des hommes dans nos sociétés.

L’honnêteté, la compétitivité, l’autonomie et la responsabilité sont des valeurs à promouvoir. Malgré la bravoure de nombreux hommes exemplaires, souvent peu mis en avant par les médias ou la classe politique, leurs actions courageuses ne trouvent pas toujours le soutien nécessaire.

Les exemples d’homme exemplaire sont légion dans nos sociétés mais souvent peu mis en avant par les médias ou nos politiques malgré leur bravoure.

  • Arnaud Beltrame, ce lieutenant-colonel qui avait échangé sa place, lors des attentats en France du 23 mars 2018 à Trèbes et Carcassonne, contre celle de plusieurs otages et qui a perdu la vie.
  • Mamoud Diallo, en janvier 2019, un sans papier qui sauve sa collègue de travail d’un autre salarié dans un accès de démence armé d’une arme blanche.

Les exemples sont nombreux et variés, pourtant leurs actes de braves ne seront pas soutenus par les détracteurs du masculin en disant que ce sont d’abord les hommes qui sont responsables de cette violence.

Nous avons toujours eu besoin dans l’Histoire d’hommes courageux et braves, les années actuelles ne sont pas différentes.

Quelles seraient les solutions à cette toxicité ?

La réponse à la « toxicité masculine » (même si le terme reste non défini) réside depuis longtemps dans la promotion de la masculinité responsable. Mais qu’entendons nous par-là ?

Deux principes fondamentaux émergent : l’honnêteté et la responsabilité.

Responsabilité masculine

Nous devons être capable d’avoir la responsabilité de notre propre personne d’abord, puis, si nous y arrivons, avoir la responsabilité d’une famille et peut être même de sa propre communauté.

Assumer nos actions et prendre les responsabilités qui nous sont dues : travailler, prendre soin de ces proches, effectuer notre part de tâches quotidiennes

Honnêteté masculine

L’honnêteté envers soi-même et envers ses pairs est essentielle.

En tant qu’homme, il est impératif de surveiller nos actions afin de ne pas falsifier nos intentions, tout en étant attentif à nos paroles pour éviter les discours trompeurs.

Et sur un plan plus terre à terre…

Sur le plan législatif, bien que des lois existent, elles ne sont pas toujours appliquées. Aucune tolérance ne devrait être accordée aux hommes qui agressent les femmes dans la rue, et il revient aux pouvoirs publics d’intervenir.

Il n’est pas également inacceptable qu’une femme doive adapter sa tenue en fonction de sa destination dans une ville.

Soyons des hommes mais des hommes responsables !

Je pense que beaucoup d’homme se pose la question de leur place dans la vie de tous les jours.

J’en suis l’un d’entre eux. Je refuse pourtant qu’on caractérise mon genre à une toxicité quelconque à cause d’individus dangereux et nocif pour notre société.

Je choisis néanmoins d’être un homme responsable et honnête, c’est le seul chemin vers l’épanouissement et le développement d’une société saine.

Laisser un commentaire